JAPON. « La fête des enfants » ne sera pas pareille cette année

Ce 5 mai 2020 au Japon, le coronavirus est venu tout chambouler. D’ordinaire, au détour d’une rue ou d’une école, des carpes volantes flottent au vent. Elles sont en l’honneur du Kodomo no hi, la fête des enfants. Une journée ancienne représentative des cultures ancestrales mêlant origines japonaises et culture samouraï depuis des siècles.
 

Les Koinobori, signifiant « banderole de carpe » en japonais, sont des manches gonflées d’air en forme de carpe koï hissées au Japon pour célébrer le Kodomonoshi (Jour des enfants). Ce 5 mai 2020 à Tokyo, 333 Koinobori ont été accrochées à la Tour de Tokyo pour célébrer cette fête. Le Kodomo no hi, aussi appelé « jour des enfants », se célèbre, depuis 1948, le 5ème jour du 5ème mois de l’année. Il est symbolisé par les Koïnobori, des manches à air avec une carpe colorée en leur extrémité. Importée de Chine et de sa fête du Duanwu, son origine remonte au VIème siècle et prend le nom de Tango no sekku, « fête des iris ». Au début, les célébrations consistaient à accrocher des iris ou de l’armoise devant sa maison pour conjurer le mauvais sort et permettre aussi des récoltes fructueuses pour le riz. 

Japon, des enfants jouant au Koinobori


 C’est durant l’ère Kamakura (1185-1333) que la tradition change petit à petit. Les familles de samouraïs s’en emparent et font de ce jour, un jour consacré aux petits garçons. Ces derniers recevaient de la part de leurs parents, une partie de leur future armure. C’est dès l’époque d’Edo (1603-1867) que les Koïnobori sont apparus, généralement faits de papier ou de soie. Cette tradition a été initiée par les commerçants, qui accrochaient les carpes de papier dans la rue et les laissaient flotter au vent. 

La carpe comme symbole

Koinobori

Aujourd’hui, la fête a gardé toutes les traces de son histoire. Les petits garçons peuvent encore recevoir un casque militaire appelé le Kabuto comme à l’ère Kamakura. Dans les maisons, une grande armure sous verre et la figure de Kintaro, figure emblématique au Japon, trônent dans la pièce centrale du foyer. Sur la table, les familles mangent des mochis, des gâteaux faits de pâte de riz cuit à la vapeur, nature ou fourré avec une pâte de haricots rouges, puis enveloppés dans des feuilles de bambou ou de chêne.
 

Dehors, sur le parvis du foyer, les carpes flottent au vent. Leurs couleurs sont symboliques : le noir représente le père et le rouge, la mère. Puis, à leurs côtés, une carpe pour chaque enfant de la maison. Ce poisson symbolise « le courage, le succès, la bonne croissance, la longévité », des valeurs importantes au pays du Soleil levant, celles que les parents veulent léguer à leurs enfants.

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