IRAK. Enfin un Gouvernement après six mois retournement de situation et d’intenses tractations.

Exilé sous le régime Saddam HUSSEIN, journaliste devenu patron du renseignement irakien, le Premier ministre Mustafa Al-KHADIMI, entamera son mandat sans le quota complet de ministres, après le rejet de plusieurs candidats.

Après six mois de vide institutionnelle parce que sans gouvernement, le parlement irakien a approuvé mercredi un nouveau gouvernement, alors qu’aucune issue n’était envisageable jusqu’à la dernière minute tellement les partis se disputaient au sujet des sièges, mêmes si les tractations se poursuivaient dans les coulisses pour un accord.

 L’ancien Premier ministre Adel ABDUL MAHDI, qui dirigeait une administration intérimaire, a démissionné l’année dernière après que des milliers de personnes soient descendues dans les rues pour réclamer le départ de l’élite dirigeante irakienne accusée de conduire le pays au dysfonctionnement et à la ruine économique.

La bataille autour des portefeuilles gouvernementaux depuis la démission ABDUL MAHDI en novembre 2019 a empêché deux candidats au poste de Premier ministre de former un cabinet.

Les candidats Al-KHADIMI à des postes ministériels comprenant l’Intérieur, la Défense, les Finances et l’Electricité ont été approuvés avec le soutien de la majorité des législateurs présents. Par contre, le vote concernant les ministères du Pétrole et des Affaires Etrangères a été retardé car les parties ne se sont pas accordées sur les candidats. Ils ont rejeté les choix de KHADIMI concernant le portefeuille de la Justice, de l’Agriculture et du Commerce.

« La sécurité, la stabilité et le développement de l’Irak sont notre chemin« , a écrit KHADIMI sur son compte Twitter après que le Parlement ait voté pour son cabinet.

Il a ajouté que ses priorités seraient de lutter contre la pandémie de coronavirus et de demander des comptes à ceux qui avaient tué des manifestants au cours des mois précédents de troubles antigouvernementaux.

Né à Bagdad en 1967 dans une famille chiite et diplômé en droit, le chef du renseignement Al-KHADIMI a été le troisième candidat désigné le jeudi 9 avril 2020 par le président Barham SALEH pour tenter de former un gouvernement en quatre mois.

Al-KADHIMI

A titre de rappel, le camp pro-iranien a obtenu le retrait d’Adnane ZORFI, qu’il voyait comme un « agent américain », mais a,en guise de compromis, concédé d’appuyer M. Al-KHADIMI, un indépendant modéré qui fait consensus parmi la classe politique. « Cela prouve que personne ne peut imposer sa volonté : ni un bloc politique ni un pouvoir étranger. Il n’était le premier choix ni de Washington ni de Téhéran. Sa désignation est le résultat d’un large accord entre partis chiites, mais aussi kurdes et sunnites », commente Mohamed RADHI, membre du parti chiite Al-Hikma.

Parcours d’un journaliste exilé

Mustafa Al-KADHIMI s’était exilé en Iran puis en Grande-Bretagne pour échapper à la dictature de Saddam Hussein. Journaliste et essayiste, il est rentré en Irak après l’invasion américaine de 2003. Il a aidé à fonder le Réseau des médias irakiens et un journal en ligne, Al-Monitor, et a documenté les crimes du régime baasiste au sein de la Fondation pour la mémoire irakienne. En juin 2016, Haïder Al-ABADI, alors Premier ministre, le choisit pour prendre la tête des services de renseignement en pleine guerre contre l’organisation Etat islamique (EI).

Dans l’ombre qu’impose la fonction, cet homme pragmatique, au physique émacié, cultive ses relations avec les agences de renseignement et les diplomates étrangers, notamment les Américains et les pays membres de la coalition anti-EI. Il est leur interlocuteur pour le dossier des djihadistes étrangers. « Il a des relations étendues dans le monde arabe, en particulier en Jordanie, en Egypte, au Liban et dans le Golfe. Il a travaillé étroitement avec les Saoudiens pour restaurer les liens après 2016 et a développé une relation proche avec le prince héritier, Mohammed Ben Salman », ajoute Sajad JIYAD du centre Bayan à Bagdad, qui le décrit comme un homme « mesuré, non conflictuel, qui met l’accent sur le dialogue ». Et l’Iran respecte Al-KADHIMI.

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