L’amitié indestructible entre la Chine et l’Afrique

Par ZHU Jing (1), Ambassadeur de Chine en RDC

Notre Correspondant à Kinshasa nous a fait parvenir cette Opinion rédigée par ZHU Jing, Ambassadeur de Chine en République Démocratique du Congo, au moment où des rumeurs sur les réseaux sociaux faisaient état d’un pseudo-racisme contre les Africains à Guangzhou (Chine). Pour lui, toute tentative de noircir les relations séculaires sino-africaines est vaine. Et il énumère ici des arguments.

Ces derniers jours, des nouvelles sur la souffrance du traitement discriminatoire des Africains dans la province chinoise du Guangdong se sont largement propagées, provoquant l’attention, l’inquiétude et le mécontentement de beaucoup d’Africains. Avec des détails hideux, des forces cherchent à torpiller et à noircir les relations sino-africaines en profitant de cette occasion. 

Depuis quelques mois, après des efforts d’une âpreté inouïe et des sacrifices considérables, le peuple chinois a dans l’ensemble freiné la propagation du COVID-19 en Chine et remporté un grand succès dans le premier temps de la prévention et du contrôle de l’épidémie. Pourtant, en raison de la propagation mondiale de la pandémie du COVID-19, la pression exercée sur le système de prévention par des cas importés en Chine est de plus en plus forte. En particulier, le Guangdong, grande province ouverte, fait face à un grand risque des cas importés.

Ici, le mardi 24 mars 2020, échanges entre le chef de l’État Félix-Antoine TSHISEKEDI et ZHU Jing, Ambassadeur de la République populaire de Chine en RDC, à la Cité de l’Union africaine.

Pour défendre les premiers résultats chèrement acquis de la prévention et du contrôle de l’épidémie et éliminer à temps tout risque de cas importés, les autorités locales ont renforcé les mesures de prévention et de contrôle : faire le dépistage de tous les Chinois et de tous les étrangers venus de l’étranger et mettre en quarantaine tous les patients infectés et toutes les personnes étroitement contactées, afin d’endiguer sans tarder la transmission interhumaine. Au cours de la mise en œuvre de ces mesures, la plupart des Chinois et des étrangers ont démontré une collaboration active, mais il existait des étrangers, y compris des Africains, qui ne respectaient pas les règles chinoises. En outre, les différences linguistiques, culturelles et habituelles entre les Chinois et les Africains ont également causé des malentendus et des contradictions dans les échanges. 

Le 10 avril 2020 à Kinshasa. Cérémonie de signature du certificat pour le transfert de l’hôpital général pilote construit par la Chine dans la province du Katanga de la RDC.

Néanmoins, il faut remarquer que les malentendus et les contradictions ne sont que des phénomènes minoritaires. Ils ne signifient pas le changement des politiques amicales de la Chine envers l’Afrique, et ne doivent pas non plus être déformés en un jugement qui affirmerait que les Chinois adopteraient une attitude discriminatoire à l’égard des Africains. En réalité, dans la prévention et le contrôle du COVID-19, le gouvernement chinois s’appuie toujours sur la science et la situation réelle, refusant la discrimination sous toutes ses formes et traitant les gens sur un pied d’égalité, tant les Chinois que les étrangers.

La politique de prévention sur les cas importés de la province du Guangdong est identique à celles des autres provinces chinoises, sans règles spéciales visant les étrangers, surtout les Africains. À travers le contrôle actif, le gouvernement local a découvert des cas importés et des cas liés à ceux-ci et les a transportés dans un premier temps à l’hôpital. Cela a joué un rôle très important dans le freinage de la propagation du nouveau coronavirus et la préservation de la vie, de la santé et de la sécurité des Chinois et des étrangers, y compris les Africains.

Il nous faut garder une grande vigilance sur les forces qui ont exagéré quelques frictions apparues au cours de l’application des mesures chinoises de prévention et de contrôle de l’épidémie et qui ont accusé la Chine de favoriser le racisme dans l’unique but de noircir l’amitié sino-africaine. Leurs mensonges sont immoraux et sans fondement. 

Hôpital pilote construit par la Chine au Katanga

Premièrement, la Chine est une victime du racisme, elle a donc une très profonde aversion pour les paroles et les comportements discriminatoires. Dans son histoire récente, le peuple chinois a amèrement souffert de l’oppression et de la discrimination des puissances occidentales pendant une longue période. Elle a été nommée l’« Homme malade de l’Asie ». Hong Kong et Macao ont souffert de la longue domination coloniale. Le peuple chinois n’a jamais oublié et n’oubliera jamais cette histoire ponctuée d’humiliations.

De plus, après l’apparition de la crise sanitaire du COVID-19, des pays se sont efforcés de discréditer la Chine et d’étiqueter le nouveau coronavirus dans l’intention de rejeter leurs responsabilités, ce qui a causé plusieurs faux reportages sur la Chine sur Internet. Beaucoup de Chinois à l’étranger ont également souffert d’humiliations, d’insultes et d’attaques personnelles. Comme le dit le proverbe chinois : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. » Comment le peuple chinois qui proteste et condamne fortement le racisme, pourrait-il pratiquer la discrimination raciale ? Cette accusation s’applique-t-elle au peuple chinois ? 

Deuxièmement, la Chine poursuit toujours ses politiques amicales envers l’Afrique, caractérisées principalement par le respect mutuel, l’égalité et le refus de toutes les formes de racisme et de discrimination. Au XXe siècle, le peuple chinois a donné son assistance au peuple africain, afin de soutenir sa lutte pour la libération de la nation, pour l’indépendance du pays et contre la ségrégation raciale.

Depuis des dizaines d’années, la Chine a considérablement contribué, à travers des actions concrètes, au développement économique et social de l’Afrique. Elle a à plusieurs reprises défendu et soutenu l’Afrique dans le cadre de l’ONU et à d’autres occasions multilatérales. De ce fait, le peuple chinois et le peuple africain ont construit une communauté de destin tout en se serrant les coudes et en partageant le même sort dans les difficultés et épreuves. N’éprouvant que de l’amitié sincère, la Chine et l’Afrique n’auront jamais une attitude hostile et discriminatoire l’une contre l’autre.

Face à la pandémie du COVID-19, le peuple chinois et le peuple africain se sont entraidés pour lutter ensemble contre cette crise et pour venir à bout des difficultés rencontrées en ce moment, démontrant leur amitié profonde. Au moment critique de la lutte contre le coronavirus, la Chine a fait des efforts considérables pour assurer la sécurité et la santé des amis africains en Chine. Parmi plus de 3 000 étudiants africains dans la province du Hubei, il n’y a eu qu’un étudiant atteint de cette maladie et il a été rapidement guéri.

SE ZHU Jing, ici à la Primature de la RDC

Lorsque le COVID-19 a frappé le continent africain, la Chine a donné en temps voulu de l’aide à l’Afrique, bien qu’elle ait encore une forte pression sur son système de prévention et de contrôle de l’épidémie. La Chine a envoyé un grand nombre de matériel médical très demandé, organisé beaucoup de visioconférences pour les échanges sanitaires entre les experts chinois et africains, et a envoyé des équipes médicales pour partager les expériences chinoises en la matière. Actuellement, environ un millier de soignants chinois sont dans 45 pays africains pour aider les habitants locaux à lutter contre la pandémie. Des autorités locales et des entreprises chinoises, ainsi que des Chinois, ont également fournit de l’aide à l’Afrique, à travers divers moyens. Si la Chine avait une attitude discriminatoire envers l’Afrique, pourquoi aurait-t-elle fermement soutenu celle-ci pour lutter contre le COVID-19 ? 

Si les amis ont des malentendus, nous pouvons les résoudre par les consultations. Le gouvernement chinois prête une grande attention aux problèmes formulés par les pays africains et y a rapidement répondu. Le conseiller d’État et le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a spécialement donné un coup de fil au président de la Commission de l’UA Moussa FAKI MAHAMAT. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères CHEN Xiaodong a rencontré les diplomates africains en Chine pour leur expliquer la situation réelle. Le gouvernement local du Guangdong a également amélioré son mode de travail, établi un mécanisme d’échanges efficace avec les consulats des pays africains à Guangzhou et diffusé largement le guide de prévention du COVID-19 en plusieurs langues. Les réponses rapides et responsables de la partie chinoise révèlent que les politiques amicales chinoises envers l’Afrique ne sont pas des vaines promesses, mais des actions concrètes.

La partie africaine a d’ailleurs exprimé sa compréhension et son soutien à ces politiques chinoises. Lors d’une conférence de presse, le ministre nigérian des Affaires étrangères a hautement apprécié les efforts chinois déployés pour lutter contre le COVID-19, dénoncé les faux reportages et appelé tout le monde à traiter le problème de la situation des Africains dans le Guangdong d’une façon objective et raisonnable. La Chine et l’Afrique peuvent résoudre les problèmes par des consultations amicales, ce qui démontre le haut niveau du partenariat stratégique global sino-africain et la haute confiance mutuelle.

Le virus est impitoyable mais l’humain est charitable. Face au COVID-19, ennemi commun de toute l’humanité, la Chine et l’Afrique ont plus besoin que jamais de s’unir et de marcher fermement côte à côte. Cela reflète non seulement le consensus des deux parties, mais aussi la tendance générale de la situation. Le peuple chinois n’oubliera jamais le grand soutien et l’assistance du peuple africain, accordés à la Chine au moment difficile de sa lutte contre cette épidémie.

La Chine chérit l’amitié précieuse sino-africaine qui a survécu à l’épreuve du temps. En prenant en considération son propre travail de prévention et de contrôle du COVID-19, la Chine va continuer à aider autant que possible l’Afrique et renforcer la coopération sanitaire avec ce continent pour lutter ensemble contre cette crise, jusqu’à la disparition du virus en Afrique et à la victoire finale de cette bataille contre le nouveau coronavirus. Nous sommes convaincus que les amis africains en Chine vont continuer à comprendre, à soutenir et à respecter les mesures chinoises de lutte contre l’épidémie. À condition de mener à bien son propre travail de prévention et de contrôle, la Chine pourra mieux aider l’Afrique à lutter contre le COVID-19.

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(1) Parcours diplomatique de ZHU Jing

  • 1995-1996 : Fonctionnaire du Ministère des Affaires Etrangères de Chine
  • 1996-2000 : Fonctionnaire, Attaché à l’Ambassade de Chine au Bénin
  • 2000-2007 : Attaché, Troisième secrétaire, Directeur adjoint au Département des Affaires d’Afrique du Ministère des Affaires Etrangères de Chine
  • 2007-2014 : Deuxième secrétaire, Premier secrétaire, Conseiller à l’Ambassade de Chine en France
  • 2014-2015 : Conseiller et Directeur au Département des Affaires d’Europe du Ministère des Affaires Etrangères de Chine
  • 2015-2019 : Conseiller, Directeur général adjoint au Département des Affaires d’Europe du Ministère des Affaires Etrangères de Chine
  • 2019 à aujourd’hui : Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Populaire de Chine en République Démocratique du Congo

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