GENOCIDE RWANDAIS. Les restes BIZIMANA « identifiés » au Congo Brazzaville. Les autorités congolaises s’étonnent.

Quelques jours à peine après l’arrestation en France d’un des principaux accusés du génocide rwandais, voilà qu’un procureur des Nations Unis déclare avoir « identifié », grâce à l’analyse ADN, les restes d’un autre coupable activement recherché pour le massacre des populations tutsi en 1994. Une déclaration qui laisse perplexe le ministre congolais de la Communication.

Les restes d’Augustin Bizimana, ancien ministre rwandais de la Défense et l’un des principaux suspects recherchés pour le génocide de 1994, ont été identifiés dans une tombe à Pointe-Noire en République du Congo, a déclaré un procureur des Nations Unies pour crimes de guerre.

Serge Brammertz a déclaré que Bizimana, inculpé de 13 chefs d’accusation, dont génocide, meurtre et viol, serait décédé à Pointe Noire, au Congo, en 2000.

« Bizimana aurait été responsable des meurtres de l’ancien Premier ministre Agathe Uwilingiyimana et de 10 Casques bleus belges des Nations Unies, ainsi que du meurtre de civils tutsis » dans cinq régions du Rwanda, a déclaré Brammertz dans un communiqué vendredi.

Après le génocide, pourchassé par le FPR qui venait de saisir le pouvoir, il a fui le pays, trouvant d’abord refuge en République démocratique du Congo, alors appelée Zaïre, avant de rejoindre le Congo-Brazzaville.

Pour rappel, Augustin Bizimana a pris ses fonctions en tant que ministre de la Défense en juillet 1993, quelques jours avant la signature des accords d’Arusha qui prévoyaient un partage du pouvoir entre Hutu et Tutsi pour mettre fin à trois ans de guerre civile.

Mais avec l’assassinat le 6 avril 1994 du président hutu Juvénal Habyarimana, c’est tous les espoir de paix qui s’envolent. Et c’est d’ailleurs là l’élément déclencheur du génocide. En à peine 100 jours, quelque 800.000 personnes, selon l’ONU, ont été exterminées, essentiellement parmi la minorité tutsi et les Hutu modérés.

Une affaire « mystérieuse », et un ministre Congolais « perplexe »

Il serait donc décédé vers août 2000, « sur la base de l’identification concluante des restes de BIZIMANA dans une tombe à Pointe Noire, en République du Congo », a déclaré le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) dans un communiqué.

Toutefois, le ministre de la Communication du Congo-Brazzaville, Thierry Moungala, s’est dit « perplexe » quant à la nouvelle, évoquant même une « affaire mystérieuse ». Il affirme ne pas savoir si le MTPI avait demandé aux autorités de son pays de procéder à des analyses sur le corps.

Il faut souligner que cette annonce du MTPI intervient moins d’une semaine après l’arrestation le 16 mai dernier en France d’un autre des principaux accusés, Félicien KABUGA, considéré comme le financier du génocide rwandais, en cavale depuis 25 ans. Selon l’acte d’accusation du TPIR, il dirigeait la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsis et le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait de l’argent destiné à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe.

La mort de Augustin BIZIMANA constitue une « grande déception » pour les rescapés du génocide, a réagi vendredi Alain Gauthier, le responsable d’une association de victimes en France. « Le plus grand souhait des rescapés, c’est que les tueurs soient jugés. Il n’y a que la justice qui peut leur apporter un petit peu de réconfort, et lorsqu’un responsable du génocide est jugé, leur honneur leur est rendu », a-t-il soutenu.

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