La Banque Mondiale finance pour près de 350 millions de dollars la résilience des pays du Lac Tchad

CHINA AFRICA MEDIA – (karimou SOUMANA ANP Niger) La Banque Mondiale finance pour quelque 346 millions de dollars deux projets destinés à renforcer la résilience et les moyens de subsistance des pays du Lac Tchad que sont le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad, a-t-on appris d’un communiqué de l’Institution bancaire dont copie est parvenue à l’ANP.

Il s’agit notamment du Projet pour la relance et le développement de la région du lac Tchad (PROLAC, 170 millions de dollars), qui a pour objectifs d’appuyer les plateformes de coordination nationale et régionale et le renforcement des capacités locales, de contribuer à la restauration d’une mobilité rurale durable et de la connectivité et de consolider la reprise des activités agricoles rémunératrices dans certaines provinces du Cameroun, du Niger et du Tchad.

Il appuiera, en outre, le partage de connaissances et le dialogue régional à travers une plateforme de données hébergée par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et accroîtra l’autonomie des communautés en misant sur l’engagement citoyen, les activités de cohésion sociale et les travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre.

Enfin, ce projet soutiendra la remise en état des routes rurales et des petites infrastructures de transport ainsi que des investissements productifs pour augmenter la productivité dans les polders du Tchad et développer l’agriculture dans les oasis du Niger comme dans les zones proches du lac Tchad dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun.

Le second projet, le Projet multisectoriel de sortie de crise pour le Nord-Est du Nigéria (MCRP, 176 millions de dollars) est un financement additionnel pour aider les autorités à améliorer l’accès aux services de base et les débouchés économiques des communautés touchées par la crise dans les États du Nord-Est du pays (Adamawa, Borno et Yobe), tout en renforçant la coordination entre ces États et les autres pays riverains du lac Tchad.

Tout en mettant l’accent sur les moyens de subsistance et les investissements dans la filière agricole, ce projet permettra, par ailleurs, de soutenir des méthodes et des programmes de chantiers demandeurs de main-d’œuvre, promouvoir la connectivité rurale et régionale, réhabiliter les infrastructures de marché et privilégier les mesures d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique.

Doté d’une enveloppe de 200 millions de dollars au départ, ce nouveau complément permettra au projet d’étendre ses activités dans le domaine de l’éducation et de la santé pour s’attacher à la fourniture des services, à travers des subventions aux communautés scolaires et des incitations aux enseignants de retour, mais également en promouvant des services de santé primaire de qualité dans certains dispensaires et hôpitaux de district publics.

La région du Lac Tchad, note-tg-on, reste pénalisée par un manque d’infrastructures, la faiblesse de l’accès aux services de base et l’impact sévère du changement climatique sur les ressources naturelles et les moyens de subsistance. Cette région affiche des indicateurs économiques et de développement inférieurs aux niveaux moyens des quatre pays riverains.

Cette situation, conjuguée à l’insécurité ambiante du fait de la présence du groupe terroriste Boko Haram dans la région, fait que plus de 49 millions de personnes sont empêchées de gagner leur vie à travers la pêche, l’élevage ou l’agriculture. D’où toute l’importance de ces deux projets qui s’attachent à renforcer la collaboration régionale entre les quatre pays afin de soutenir les communautés vivant à proximité du Lac Tchad et améliorer les conditions de vie de la population, notamment des femmes et des jeunes vulnérables qui sont plus fortement confrontés aux conséquences négatives du changement climatique et à l’insécurité.

Pour la Directrice de l’intégration régionale en Afrique à la Banque mondiale, Mme Deborah WETZEL, « la région du lac Tchad reste une zone prioritaire d’engagement étant donné les défis communs auxquels elle est confrontée et l’incroyable potentiel de la coopération régionale ».

Selon elle, « le cadre mis en place par ces deux projets jettera les bases d’une coopération régionale et d’investissements concertés pour améliorer l’accès aux marchés régionaux, promouvoir le développement de chaînes de valeur et relancer le commerce transfrontalier et régional ».

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