Festival Zadié SÄDAKĂ : « Émotions garanties ! »

Partie 1.

CHINA AFRICA MEDIA : Une vidéo diffusée sur notre Page Facebook et relayée par d’autres plateformes telles que Métandou Mia Mékambo, Echos de Méroe ou encore Fière d’Etre Mékambois(es) la semaine dernière annonce l’organisation du 23 au 31 août 2021 d’un Festival international dénommé Zadié Sädakâ. Innocent M’BADOUMA Journaliste spécialiste de la Chine et architecte de cet événement inédit dans le département, dévoile en long et en large sur l’opportunité d’une telle initiative, pourquoi ce Festival? et quelles localités sont concernées?

Propos recueillis par Gael OSSOUGHO

Innocent M’BADOUMA : Le Festival international des Peuples des Rivières et des Forets dénommé Zadié Sädakâ est une manifestation culturelle, économique et touristique qui va rassembler des délégations et/ou des ressortissants de plusieurs pays à Mékambo en aout 2021. Comme une colonie des étudiants gabonais y sera pour traduire et commenté en chinois et en direct sur les réseaux sociaux Tik Tok et Wechat, les manifestations du Festival, de l’ouverture à la clôture, il est probable qu’on ramène au milieu du mois d’aout, la semaine dudit festival.En effet en Chine, la rentrée académique et les inscriptions débutent dès le 2 septembre, cette colonie d’étudiants, ambassadeurs du Festival Zadié SADAKA dans 5 provinces de Chine, doit regagner Libreville pour rallier la Chine. Pour l’édition 2021, les Peuples Li et Qian de Chine, les provinces de Guizhou et du Sichuan seront à l’honneur à l’occasion des 100 ans du Parti Communiste Chinois et de l’organisation du Sommet Chine-Afrique, Focac 2021-2023.
Pour revenir au Festival, Sädakâ signifie en langues locales fête, grand festin, ou sanctification par la parole, le geste et le repas. Le Festival Zadié Sädakâ qui s’inscrit dans une dynamique sous-régionale se veut l’outil annuel d’une Stratégie Globale conçue pour focaliser l’attention du monde sur la région de la Grande Sangha, région qui s’étend du Gabon au Congo, en englobant le Cameroun et le Sud-ouest de la Centrafrique. La Grande Shanga comprend la province de l’Ogooué-Ivindo, la province Est au Cameroun, les provinces de la Shanga et de la Cuvette-Ouest, toutes frontalières à la province de l’Ogooué-Ivindo, et les provinces de la Haute-sangha et de la Sangha, toutes deux provinces au Sud-Ouest de la Centrafrique.
Le département de l’Ivindo et celui de la Zadié qui va abriter ce festival est un cœur de cette région parce que riche en fleuves, riche d’un gisement de fer plus important que celui du Cameroun et du Congo, riche d’un massif forestier encore intact, d’une biodiversité à l’état pure. Mékambo est riche d’une diversité de peuples dépositaires des Traditions initiatiques encore authentiques et millénaires, d’une culture et des valeurs encore peu falsifiées.
Par ce Festival Zadié Sädakâ, les peuples Kwel au Gabon, Congo et Cameroun, les Kota, Mahongwé, Yessa, Ungom vont se révéler au Monde et partager avec les autres peuples du Gabon et du monde les savoirs botaniques et initiatiques qu’ils ont su conserver durant des siècles. Ayant pour noyau « un Chœur économique », Zadié Sädakâ va donc puiser dans les éléments de cette culture plurielle de quoi en faire des activités économiques, attirer et générer un flux d’argent par le biais de la transformation immédiate et concrète des produits de la forêt, des produits agricoles, de l’écotourisme, par la production littéraire et audiovisuelle, la création des PME culturelles, etc.
Par ce Festival Zadié Sädakâ, c’est la province de l’Ogooué-Ivindo qui va s’exporter à l’international. Elle ne sera plus la province d’arrière chambre du Gabon, mais la province du Soleil-Levant par laquelle les premiers rayons de Soleil touchent la terre gabonaise. Pendant un an, avec une équipe engagée, le soutien moral des amis Chinois, nous avons réfléchi à comment y parvenir. Ceci fait, il nous faut passer à l’action maintenant. Sont d’abord concernées les populations de la Zadié, du Haut-Ivindo, puis celles de la Grande Sangha en général.
Voilà pour ce qui est de la philosophie et de la mission qui sous-tend ce Festival. Rien à voir avec les petits calculs.

Et si l’on résumait les objectifs de ce festival en quelques mots ?

Les objectifs sont : promouvoir et archiver les Traditions, cultures de la Zadié et du Bassin de la Grande Sangha, valoriser économiquement le potentiel de cette Grande Sangha, intégrer la Femme dans le tissu économique de la sous-région, consolider l’amitié entre Peuples du Gabon et ceux du Gabon avec ceux des autres pays comme le Congo, le Cameroun, la Centrafrique, la Chine. Enfin, exporter la culture du Gabon pour enrichir celles d’autres régions du Monde, importer la culture des autres régions du Monde afin d’enrichir la culture du Gabon. C’est le sens de la communauté des destins de l’humanité.

Mékambo étant une région enclavée : voie d’accès difficiles, infrastructures quasi-inexistantes, pas de sociétés implantées, peu d’hôtels… Pensez-vous pensez développer une région avec un simple Festival ? Avez-vous le budget nécessaire pour réussir un si grand festival ?

Le festival n’est que le levier d’un concept que mes amis et moi avons mis en place : « La Grande Sangha, Terre de prospérité ». Je reviendrai là-dessus plus tard.
En 1988, quand Xi Jinping arrive dans le Mindong, une localité très pauvre de la Chine, parler du Mindong renvoyait à l’esprit cinq mots : « ancien », « minoritaire », « frontalier », « insulaire » pour ne pas dire enclaver, et « appauvri ». Dites-moi que cela ne vous fais pas pensez à Mékambo d’aujourd’hui.
Et dans son livre « Sortir de la Pauvreté » qui est pour moi un manuel pratique sur comment conduire le développement d’une localité pauvre, Xi Jinping qui travaillait à la préfecture du Ningde, autre appellation du Mindong, écrit : « les régions appauvries ne peuvent se contenter d’idéaux appauvris ». C’est pas parce que Mékambo est pauvre que nous devons avoir des idées pauvres. Xi Jinping ajoute : « se satisfaire de son sort », « se contenter dans la pauvreté », « attendre l’aide du gouvernement, se reposer sur les aides financières, exiger des allocations pauvreté », « blâmer tout le monde sauf soi-même », « tous ces concepts sont ajouté à la poubelle ».
Il ya des gens qui ont de l’argent mais ne savent pas quoi en faire. D’aucuns ne vivent sur terre que pour eux-mêmes. Si nos arrières Grands-Pères n’avaient pensé qu’à eux-mêmes, il n’y aurait pas de canton Djouah aujourd’hui au Gabon. Cette vaste partie du Gabon serait peut-être occupé par le Congo aujourd’hui. Faute de route, les Colons leurs avaient demandé de quitter cette partie frontalière du Gabon, pour rejoindre la rive sur laquelle se trouve Mékambo aujourd’hui. Voulant rester sur la terre de leurs ancêtres, nos arrières Grand-Pères ont crée la Route cantonale de la Djouah en remblayant, avec des centaines de milliers de tonnes de terre transportée dans des paniers à dos blessant leurs lombaires, dans des corbeilles creusant leurs épaules, afin de former la crête routière dans un marécage qui les engloutissait jusqu’à la poitrine. Et ce, sur une distance de plus de 20 Kilomètres, entre Venelle et Bangui (8 à 10 Kilomètres), entre Ibéà et Zoula (8 kilomètres), à Mia-Mia (2 km). Ils ont eu pour seul et unique budget que le courage. Oui, on peut développer cette région de Mékambo. Il faut moderniser notre manière de penser et d’agir.

En faisant quoi par exemple ?

La Bible dit : « Aide-toi, le Ciel t’aidera ». Et un dicton ikota ajoute : « Ndoma ndéka i gnagwamè ! », autrement dit un homme, une femme ikota ne pleurniche pas, il agit pour s’en sortir. Confucius, penseur et philosophe chinois enseigne que : « Mieux vaut allumer une bougie plutôt que de maudire l’obscurité ». Vous pensez que Dieu nous a autorisés à naitre à Mékambo pour pleurnicher sur notre sort ? Je ne crois pas, IL a certainement estimé que ceux qui naissent dans cette région sont des combattants. Mieux vaut échouer en ayant tenté quelque chose, que de faillir par l’inaction, tétanisé par la peur d’échouer ou le manque de budget. Par ce Festival, nous avons de chance de réussir.

Comment réussir à partir d’un Festival telle est ma question ?

Je ne l’esquive pas votre question. Plus sérieusement, une Stratégie Globale de développement local a été élaborée et le Festival Zadié Sadaka n’est qu’un levier d’impulsion de ladite. Je ne voulais pas aborder cette question car cela va être long.
Nous nous sommes inspirés de la démarche méthodique théorique et pratique conduite par le président Xi Jinping dans la localité du Mindong en Chine, en 1988 ; démarche qui a fait ses preuves. La stratégie contenue dans son livre « Sortir de la Pauvreté » mentionne les étapes qu’il faut suivre pas à pas. Quand un peuple est déprimé, perd confiance en soi, Xi Jinping préconise l’organisation d’un Festival sur les aspects glorieux de sa Culture. C’est ce que nous allons faire.


Nous avons associé à cette démarche méthodique, théorique et pratique du Mindong, l’expérience de la Stratégie d’agrégation agricole que tirée de mes 6 ans de voyage au Maroc de 2010 à 2015. A cela nous avons ajouté, le concept de la nouvelle ruralité puisé de 3 ans de voyage d’études en Chine – de 2017 à 2019. Notamment, à Gansu aux portes du désert de TaKlamakan, dit le désert de la mort, au Manoir de Lianxi et le Marché de Thé dans le Comté rural de Meitan (province du Guizhou), la boutique en ligne des agriculteurs de Guiyang, les plantations de Thé dans les provinces du Fujian et les ouvrages touristiques autour de l’eau dans la province du Sichuan. De chacune de ces régions visitées, nous avons tiré une expérience pratique pour construire le Concept de « Djouah, Terre de prospérité », autrement dit, un Plan Pratique et Pragmatique de Développement local de la Zadié.

Pouvez-vous donner quelques exemples concrets de ce que vous avez tiré de ces théories et voyage d’études qui soient applicables à Mékambo ?

Bien sûr ! Un exemple : le président Xi Jinping recommande qu’il faut commencer par connecter les gens avec leur culture. Nous allons commencer donc par ce festival en 2021 et d’autres événements culturels et économiques suivront en 2022, 2023.
« Sortir de la Pauvreté » nous apprend qu’il faille concentrer l’action sur un « Chœur économique ». D’où le concept de « Grande Sangha, Terre de Prospérité » qui se décline en « Ogooué-Ivindo, Terre de Prospérité », « Zadié, Terre de Prospérité », « Djouah, Loué, Mbengoue, Sassamongo, Terre de prospérité ».
Dans la ville de Ziyang, dans la province du Sichuan, nous avons appris que pour développer un projet à une échelle plus grande, il faut d’abord l’expérimenter et le réussir à une petite échelle. C’est pourquoi nous allons débuter par « Djouah, Terre de Prospérité », avec deux points pilotes dans le canton Loué, aux villages Ntolo et Etsela.


Un deuxième exemple. De l’expérience de l’agrégation agricole au Maroc, nous allons établir des Manoirs, regroupement des producteurs par village et par Canton. A partir du Manoir de Lianxi à Meitan en Chine, nous avons imaginé pour Mékambo des marques pour le chocolat indigène, pour les épices de la forêt comme « Le Poivre Ogivin » bon pour le mal de dos, trois marques distinctes, trois grands crus de vin de maïs. Les détails prochainement car nous sommes en train de terminer les études techniques.
Du Marché de Thé de Meitan, nous avons tiré l’intelligence de bien conditionnés les produits du terroir de Mékambo et de faire une Maison de la Chine. Nous sommes adressés aux meilleurs fournisseurs de Chine en matière d’emballages. Du Fujian et du Guizhou, provinces du Thé, nous avons tiré l’idée de constituer des plantations agro-forestières dans tout le canton pour la production dès mars 2021 des « Gélules de la Jeunesse », un complément alimentaire, « du Thé de Mékambo » une boisson chaude pour nettoyer les reins et donner davantage du sourire aux couples.
De la Province du Sichuan, nous tirons l’enseignement que les fleuves Zadié et Djouah sont une richesse. D’où les parcs d’attractions Venelle Qian Deng, Qian Sè (Venelle Village Mille Lumières, Mille Couleurs à inaugurer en juin 2021), Venelle River Beach en 2022, du Venelle Palm Bungalow inaugurale en 2023, et des Camping Cross River pour l’écotourisme à Ego Poma et le long Djouah, de Mazingo à Maybouth. Un Cabinet en stratégie de Développement touristique qui n’appartient pas à un Ogivin s’est proposé de nous accompagner gratuitement dans le développement de l’écotourisme dans la Djouah et la corne Mazingo-M’Vady…

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